Que signifient les chiffres du moniteur à l'hôpital ?
Un scope de chevet affiche cinq ou six mesures sur un seul écran, chacune dans sa couleur. Voici ce que représente chaque chiffre, les valeurs attendues chez un adulte au repos et les raisons les plus fréquentes pour lesquelles il se trompe.
À voir sur un moniteur
Chaque chiffre activé un par un, avec ses valeurs normales.
Vidéo en anglais, sous-titrée. La lecture passe par YouTube au clic. Rien n’est chargé depuis YouTube avant.
L'écran ci-dessus est un moniteur simulé, mais sa disposition est celle de la plupart des services et des ambulances : les courbes à gauche, le chiffre qui correspond à chacune à droite, et la pression au brassard en bas. Beaucoup de moniteurs, dont celui-ci, donnent à chaque paramètre sa propre couleur, utilisée pour la courbe comme pour le chiffre. Les couleurs varient selon le fabricant, donc apprenez-les sur le moniteur avec lequel vous travaillez.
FC : la fréquence cardiaque
Des battements par minute, comptés à partir de l'ECG. Chez un adulte au repos, elle se situe en général entre 60 et 100. Le chiffre ne vaut que ce que vaut le signal ECG. Une électrode décollée, des frissons ou un patient qui se brosse les dents peuvent faire compter du bruit comme des battements. Beaucoup de moniteurs comptent aussi le pouls au capteur du doigt, et quand les deux ne concordent pas, par exemple en fibrillation auriculaire où certains battements sont trop faibles pour atteindre le doigt, l'écart est déjà une information.
SpO2 : la saturation en oxygène
Le pourcentage d'hémoglobine du sang artériel qui transporte de l'oxygène, mesuré par la lumière à travers un doigt ou un lobe d'oreille. Chez l'adulte en bonne santé, elle est en général de 95 à 100 %. Certains patients atteints de maladie pulmonaire chronique sont volontairement maintenus plus bas, souvent entre 88 et 92 %, sur prescription. Avant de croire le chiffre, regardez la courbe de pléthysmographie à côté. Une onde de pouls nette et régulière montre que le capteur voit un vrai flux sanguin. Si elle est plate ou déformée, c'est souvent des mains froides, une mauvaise circulation ou un capteur qui a glissé, et le chiffre ne veut alors plus dire grand-chose. La page SpO2 entre dans le détail.
PA invasive : le cathéter artériel
Elle n'apparaît que si le patient a un cathéter artériel, le plus souvent au poignet. Elle affiche la pression systolique et diastolique en mmHg, battement par battement, avec la pression artérielle moyenne (PAM) entre parenthèses. Environ 120/80 est une valeur habituelle au repos. En réanimation, on vise souvent une PAM d'au moins 65 environ chez les patients graves, car en dessous les organes commencent à être mal perfusés. La courbe compte aussi : une petite encoche dans la descente, l'onde dicrote, signe un tracé fiable.
PNI : la pression au brassard
La pression non invasive, mesurée par un brassard qui se gonfle. Contrairement au cathéter artériel, elle n'est pas continue. C'est une mesure ponctuelle, prise quand quelqu'un appuie sur le bouton ou quand l'intervalle automatique arrive, et elle reste affichée jusqu'à la suivante. Vérifiez donc son heure. Une pression d'il y a une demi-heure ne dit pas grand-chose du patient devant vous. Pourquoi le brassard et le cathéter peuvent diverger, c'est expliqué dans PNI ou pression invasive.
FR : la fréquence respiratoire
Des respirations par minute, en général 12 à 20 chez l'adulte au repos. Le moniteur la tire soit de minuscules variations de résistance électrique du thorax, via les câbles de l'ECG, soit de la courbe de CO2. La méthode thoracique est facilement trompée par les mouvements et la parole. Si le chiffre semble bizarre, comptez vous-même les respirations pendant 30 secondes.
EtCO2 : le CO2 en fin d'expiration
Le taux de CO2 tout à la fin de chaque expiration, en mmHg ou en kPa selon les pays. La normale est d'environ 35 à 45 mmHg. Il reflète la ventilation, mais aussi la circulation, car le CO2 doit être amené aux poumons avant d'être expiré. C'est pour cela qu'une chute brutale est prise au sérieux, et qu'une hausse nette pendant la RCP peut être le premier signe d'une reprise d'activité cardiaque. La forme de la courbe en dit autant que le chiffre ; voir la page capnographie.
Les trois chiffres dont tout le monde parle
Quand un proche demande ce que sont "les trois chiffres", il pense en général à la fréquence cardiaque, à la saturation et à la tension. Ils sont surveillés chez presque tous les patients. La fréquence respiratoire et l'EtCO2 s'ajoutent quand la respiration inquiète, et la pression invasive concerne surtout la réanimation et le bloc opératoire.
Pourquoi un chiffre peut être faux
- Un capteur a bougé ou perdu le contact : électrode, capteur du doigt ou brassard.
- Le patient bouge, frissonne ou parle.
- Des mains froides ou une mauvaise circulation, qui rendent la SpO2 peu fiable.
- Une mesure ancienne, très fréquent avec le brassard.
- Un rythme irrégulier, qui peut tromper à la fois le calcul de la fréquence et le brassard.
Une alarme n'est pas un diagnostic. Les soignants regardent d'abord le patient, puis la courbe, et seulement ensuite le chiffre. Si vous êtes au chevet d'un proche et que quelque chose sonne, demandez à l'infirmière.
Apprendre à les lire
On retient les chiffres plus vite en les voyant bouger. Avec un simulateur gratuit comme celui-ci, le formateur règle les valeurs sur un téléphone et le moniteur sur une tablette suit, si bien que l'apprenant voit la saturation baisser, la pléthysmographie s'aplatir ou l'EtCO2 chuter et dit ce qu'il en pense. Pour parcourir tout l'écran étape par étape, lisez comment lire un moniteur patient.
Questions fréquentes
Quels sont les 3 chiffres du moniteur à l'hôpital ?
En général la fréquence cardiaque, la saturation en oxygène (SpO2) et la pression artérielle. Beaucoup de moniteurs affichent aussi la fréquence respiratoire, et en réanimation souvent une pression invasive avec la PAM et une valeur d'EtCO2.
Quelle est une fréquence cardiaque normale sur le moniteur ?
Chez un adulte au repos, environ 60 à 100 battements par minute. Les personnes sportives peuvent être plus bas, et la fièvre, la douleur ou une hémorragie la font monter.
Quel est le chiffre entre parenthèses sous la tension ?
La pression artérielle moyenne (PAM), une moyenne de la pression sur tout le battement. En réanimation, on cherche souvent à la garder au-dessus de 65 mmHg environ.
Le moniteur de l'image est-il un vrai dispositif médical ?
Non. C'est un simulateur de formation gratuit. Les valeurs sont réglées par un formateur et n'ont rien à voir avec un vrai patient.
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