PNI ou pression invasive : quelle différence ?
La plupart des moniteurs peuvent afficher deux pressions artérielles en même temps. L'une vient d'un brassard autour du bras, l'autre d'un fin cathéter dans une artère. Elles mesurent la même chose de manières très différentes, et c'est pour cela que les chiffres concordent rarement tout à fait.
À voir sur un moniteur
La pression baisse : la ligne artérielle suit, le brassard garde l'ancienne valeur jusqu'à la mesure suivante.
Vidéo en anglais, sous-titrée. La lecture passe par YouTube au clic. Rien n’est chargé depuis YouTube avant.
NBP ou PNI : le brassard
NBP (ou NIBP) est l'abréviation anglaise de pression artérielle non invasive, la PNI. Le moniteur gonfle le brassard jusqu'à arrêter le flux dans l'artère, puis le dégonfle lentement et détecte les petites oscillations de pression dans le brassard quand le sang recommence à passer. C'est ainsi que fonctionnent la plupart des moniteurs actuels, par oscillométrie. Les oscillations sont maximales autour de la pression artérielle moyenne, donc la PAM est ce que le brassard mesure le plus directement. La systolique et la diastolique sont ensuite calculées par l'algorithme du moniteur.
- Intermittente : une valeur par mesure, à la demande ou selon un intervalle automatique.
- Chaque mesure prend un moment, et la valeur reste affichée jusqu'à la suivante.
- Simple et sans risque, donc utilisée chez presque tous les patients.
- Moins fiable en cas de rythme irrégulier, de frissons, de mouvements, de pressions très basses ou de brassard mal adapté.
ABP : le cathéter artériel
L'ABP, pression artérielle invasive (souvent PA sanglante ou IBP), se mesure par un cathéter dans une artère, en général la radiale au poignet. Le cathéter est relié par une tubulure remplie de liquide à un capteur de pression, qui transforme la pression en signal électrique. On obtient une courbe et une nouvelle valeur à chaque battement.
- Continue : une chute de pression se voit à l'instant où elle se produit.
- Affiche la courbe artérielle, qui apporte ses propres informations.
- Permet des prélèvements sanguins sans nouvelle ponction.
- Invasive, donc surtout utilisée en réanimation, au bloc et chez les patients très instables.
- Demande de l'entretien : il faut faire le zéro du capteur et le garder à hauteur du cœur, sinon toutes les valeurs sont faussées.
Pourquoi les deux chiffres diffèrent
Quelques mmHg d'écart, c'est normal. Les méthodes sont différentes, le brassard est au bras alors que le cathéter est souvent au poignet, et l'onde de pression change réellement de forme en progressant dans les artères. La systolique au poignet est souvent un peu plus haute que près du cœur, alors que la PAM reste à peu près la même tout du long. C'est pourquoi beaucoup de cliniciens comparent la PAM des deux plutôt que la systolique.
Les gros écarts ont en général une cause technique :
- Le capteur n'est pas à la bonne hauteur. Trop bas, les valeurs sont trop hautes ; trop haut, trop basses.
- La ligne artérielle est amortie par une bulle d'air, un caillot ou une tubulure coudée. La courbe paraît molle et arrondie, la systolique est sous-estimée et la diastolique surestimée.
- À l'inverse, un système sous-amorti donne une courbe pointue qui surestime la systolique.
- Le brassard n'est pas à la bonne taille. Trop petit, il surestime ; trop grand, il sous-estime.
- Un rythme irrégulier comme la fibrillation auriculaire, qui gêne le brassard.
Laquelle croire
Si la courbe artérielle a bonne allure, avec une montée franche et une onde dicrote nette, et que le capteur a été mis à zéro et à niveau, la pression invasive est en général la meilleure mesure de la pression à l'instant. Si la courbe paraît amortie ou étrange, vérifiez d'abord le montage et contrôlez avec une mesure au brassard. Quand les deux divergent sans explication technique, regardez le patient.
Ce que fait le simulateur
Dans ce simulateur, un seul curseur du contrôleur règle la pression des deux, c'est pourquoi il s'appelle ABP (NBP). La pression invasive se met à jour en continu avec une courbe et une PAM réalistes, alors que la valeur du brassard ne change que lors d'une mesure, à la demande ou à l'intervalle choisi. Le brassard met environ quatorze secondes et, en rythme sans pouls, il échoue au lieu de donner un chiffre. L'apprenant retient ainsi la différence qui compte le plus en pratique : le brassard montre ce qu'était la pression, le cathéter ce qu'elle est. La page pression invasive et la page brassard donnent plus de détails.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre PNI (NBP) et pression invasive (ABP) ?
La PNI se mesure de temps en temps avec un brassard autour du bras. La pression invasive se mesure en continu par un cathéter dans une artère, avec une nouvelle valeur à chaque battement et une courbe de pression.
Est-il normal que la PNI et la pression invasive diffèrent ?
Quelques mmHg d'écart sont normaux. Comparez la PAM plutôt que la systolique, car la systolique au poignet est souvent plus haute que près du cœur. Les gros écarts ont en général une cause technique : ligne amortie, capteur mal placé en hauteur ou brassard de mauvaise taille.
Que veut dire NIBP ?
Pression artérielle non invasive, la même chose que NBP ou PNI : la pression mesurée avec un brassard plutôt qu'avec un cathéter dans une artère.
Qu'est-ce qui est le plus précis, le brassard ou le cathéter artériel ?
Une pression invasive qui fonctionne bien, mise à zéro et à niveau, est en général la mesure la plus fiable, et elle est continue. Si sa courbe paraît amortie, vérifiez le montage et contrôlez avec le brassard.
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