Bases du monitorage

Comment lire un moniteur patient, étape par étape

Fixer six chiffres à la fois ne marche pas. Les infirmiers et médecins expérimentés parcourent l'écran toujours dans le même ordre, et c'est pour cela qu'ils repèrent la seule chose qui cloche. Voici cet ordre.

Moniteur patient au chevet dans une chambre d'hôpital

À voir sur un moniteur

L'ordre de lecture sur un moniteur en marche : pléthysmographie de mauvaise qualité, fibrillation auriculaire et pression qui baisse lentement.

Vidéo en anglais, sous-titrée. La lecture passe par YouTube au clic. Rien n’est chargé depuis YouTube avant.

Pour savoir d'abord ce que veut dire chaque chiffre, commencez par que signifient les chiffres du moniteur à l'hôpital. Cette page porte sur la méthode : comment embrasser tout l'écran sans rien oublier.

1. Regarder le patient avant l'écran

Un moniteur mesure des signaux, pas des personnes. Quelqu'un qui vous parle en phrases complètes n'a pas une saturation à 70, quoi qu'affiche l'écran. Commencez par la couleur, la respiration et l'état de vigilance. Puis tournez-vous vers le scope et demandez-vous s'il correspond à ce que vous venez de voir.

2. Vérifier que chaque courbe est un vrai signal

Chaque chiffre de droite est calculé à partir d'une courbe de gauche. Si la courbe est mauvaise, le chiffre l'est aussi. Passez rapidement les courbes en revue :

  • ECG : une ligne de base stable avec des complexes reconnaissables, pas une ligne qui dérive ou qui grésille.
  • Pléthysmographie : une onde de pouls régulière à chaque battement. Plate ou chaotique, la SpO2 n'est pas fiable.
  • Pression invasive : une montée franche et une petite encoche dans la descente. Une courbe molle et arrondie peut signaler un amortissement qui sous-estime la systolique.
  • Capnographie : une forme presque carrée avec un plateau à chaque respiration.

3. Fréquence et rythme

Place à l'ECG. Rapide ou lent, régulier ou irrégulier, y a-t-il une onde P devant chaque QRS ? Comparez ensuite la fréquence cardiaque au pouls de la pléthysmographie ou de la courbe artérielle. Ils devraient concorder. Si l'ECG compte 110 et que les ondes de pouls arrivent de façon inégale, certaines à peine visibles, comme sur l'image ci-dessous, pensez à une fibrillation auriculaire avec déficit de pouls.

Moniteur en fibrillation auriculaire : ECG irrégulier et ondes de pouls de hauteur variable sur la pléthysmographie et la courbe artérielle

4. Oxygène et respiration

La SpO2 renseigne sur l'oxygénation, la fréquence respiratoire et l'EtCO2 sur la ventilation, et elles ne se dégradent pas de la même façon. Un patient sous beaucoup d'oxygène peut garder une saturation parfaite pendant que le CO2 monte, parce qu'il respire à peine. Une EtCO2 qui grimpe ou une fréquence respiratoire qui baisse est souvent le signe précoce, et la saturation chute en dernier.

5. Pression et perfusion

La pression artérielle et surtout la PAM. Vérifiez d'abord de quelle pression il s'agit : une pression invasive continue ou une mesure au brassard qui date peut-être de vingt minutes. Reliez-la ensuite au reste de l'écran. Une pression basse avec une fréquence rapide et une pléthysmographie faible ne raconte pas la même histoire qu'une pression basse avec une fréquence lente. Les deux types de pression sont comparés dans PNI ou pression invasive.

6. Lire la tendance, pas l'instantané

Une valeur seule en dit moins que sa direction. Une fréquence de 105 n'a rien de frappant en soi, mais c'est différent si elle était à 80 il y a deux heures et que la tension a perdu 20 points dans le même temps. La plupart des moniteurs ont un écran de tendances qui montre les dernières heures en graphique. Servez-vous-en, surtout aux transmissions.

7. Les alarmes

Cherchez ce qui a déclenché l'alarme avant de la couper. Beaucoup d'alarmes sont des artefacts dus aux mouvements ou à un capteur décollé, et c'est justement pour cela qu'il est dangereux de s'y habituer. Regardez le patient, vérifiez le signal, puis demandez-vous si les limites d'alarme conviennent à ce patient-là.

S'entraîner à la méthode

L'ordre devient automatique à force de répétition, et un simulateur permet de le répéter sans mettre de patient en danger. Le formateur modifie une valeur à la fois et l'apprenant commente l'écran de haut en bas. Ce simulateur peut aussi faire évoluer les valeurs lentement, par exemple une tension qui passe de 120 à 80 en dix minutes, ce qui ressemble davantage à une vraie dégradation qu'un saut brutal.

Questions fréquentes

Que faut-il regarder en premier sur un moniteur patient ?

Le patient. Vérifiez ensuite que les courbes sont de vrais signaux, et seulement après lisez les chiffres dans un ordre fixe : rythme, oxygène et respiration, pression, puis la tendance.

Comment savoir si la SpO2 est fiable ?

Regardez la courbe de pléthysmographie à côté. Une onde de pouls nette et régulière à chaque battement montre que le capteur voit un bon flux. Une courbe plate ou chaotique signifie qu'il ne faut pas se fier au chiffre.

Pourquoi la fréquence cardiaque et le pouls peuvent-ils différer ?

La fréquence cardiaque est comptée sur l'ECG, le pouls sur la pléthysmographie ou la courbe artérielle. En fibrillation auriculaire et dans d'autres arythmies, tous les battements ne produisent pas un pouls assez fort pour être compté, donc le pouls affiché est plus bas.

Peut-on s'entraîner à lire un moniteur sans vrai patient ?

Oui. Avec un simulateur gratuit, le formateur règle les valeurs sur un téléphone et une tablette fait office de moniteur, donc les apprenants peuvent répéter la méthode autant qu'ils veulent.

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