Simulation in situ

Organiser une simulation in situ avec un téléphone et une tablette, sans budget mannequin

Pas besoin d'un laboratoire de simulation pour apprendre à reconnaître un patient qui se dégrade. Une salle libre, un téléphone, une tablette et vingt minutes de préparation suffisent pour l'essentiel.

Un groupe d'étudiants autour d'un lit d'hôpital pendant un scénario simulé

La simulation in situ, c'est la simulation là où la salle de classe se trouve déjà

La simulation in situ consiste simplement à faire tourner un scénario dans le lieu même où les soins ont lieu, ou dans un endroit qui s'en approche, plutôt que de réserver un laboratoire de simulation dédié. Une chambre de service, un box de consultation vide, un couloir avec un rideau tiré. Le terme sonne universitaire, mais l'idée est simple : on peut enseigner la reconnaissance d'une dégradation clinique sans réserver un créneau dans un laboratoire équipé d'un mannequin, d'une salle de contrôle et d'un technicien à la console. Un téléphone, une tablette et un peu de préparation couvrent l'essentiel de ce dont un tel scénario a besoin pour fonctionner.

Ce qu'il faut vraiment

Il faut un téléphone et une tablette. Le téléphone sert de télécommande et reste chez le formateur. La tablette sert de moniteur de chevet, posée à la tête du lit ou fixée à une potence pour rester visible depuis la position de l'apprenant. Pas de tablette sous la main ? Un second téléphone peut faire office de moniteur, il est simplement moins lisible de l'autre côté du lit.

  • Une pièce avec une porte qui ferme, ou au moins un rideau, pour ne pas jouer le scénario en plein milieu d'un couloir fréquenté.
  • Un lit, un brancard, ou même une chaise avec un coussin en guise de lit.
  • Un code à six chiffres, généré sur l'écran et saisi sur la télécommande, qui relie les deux appareils par internet plutôt que par un réseau Wi-Fi partagé, si bien que peu importe que le téléphone de l'apprenant soit sur le Wi-Fi invité de l'hôpital et celui du formateur sur les données mobiles.
  • Quinze à vingt minutes sans interruption, débriefing compris. Le débriefing n'est pas optionnel : manquer de temps et le sauter fait perdre l'essentiel de la valeur de l'exercice.

Choisir un scénario qui n'enseigne qu'une seule chose

L'erreur la plus fréquente dans un scénario in situ est de vouloir tout couvrir à la fois. Une tension qui baisse, une fréquence cardiaque qui monte, une SpO2 qui dérive et une courbe de capnographie qui fait quelque chose d'étrange, tout en même temps, donne à l'apprenant quatre choses à surveiller et aucun signal clair sur laquelle compte vraiment. Choisissez une seule dégradation avec un seul objectif pédagogique. Si l'objectif est de reconnaître un rythme jonctionnel, démarrez le patient en rythme sinusal, faites baisser progressivement la fréquence avec le curseur pour que l'apprenant voie le cœur ralentir, puis passez au rythme d'échappement jonctionnel. Le simulateur ECG le trace comme un rythme à part entière, sans onde P avant le QRS et avec une petite onde P inversée juste après, si bien qu'il ressemble à un vrai rythme d'échappement jonctionnel et non à un rythme sinusal ralenti avec une autre étiquette.

Dérouler la séance, étape par étape

  1. Informez l'apprenant de la situation du patient, jamais du diagnostic. Donnez-lui le dossier, le motif de consultation, les dernières constantes, et rien sur ce qui va se passer.
  2. Lancez l'écran sur une situation de base crédible avant que l'apprenant n'entre. Un moniteur qui démarre en pleine crise se sent artificiel.
  3. Attendez un moment naturel de l'évaluation de l'apprenant pour déclencher le changement, pas la seconde où il franchit la porte.
  4. Laissez le changement se dérouler à un rythme réaliste et ne dites rien. Pendant le scénario, le rôle du formateur est de piloter la télécommande, pas de commenter ce qui se passe.
  5. Arrêtez net dès que l'objectif pédagogique a été atteint, qu'il s'agisse d'un diagnostic correct, d'une intervention demandée à temps ou d'un signe manqué, et passez directement au débriefing pendant que le moment est encore frais.

Les erreurs qui gâchent un scénario in situ sans qu'on s'en rende compte

  • Le faire tourner dans un lieu de passage, si bien que la moitié du groupe finit distraite par quelqu'un qui passe derrière le rideau.
  • Rendre l'indice tellement évident que l'apprenant reconnaît le schéma à la mise en scène plutôt qu'à la physiologie. Un moniteur suspicieusement calme jusqu'au seul instant où tout change apprend à « surveiller les changements », pas à lire la courbe.
  • Écourter le débriefing parce que la salle est nécessaire pour autre chose dans cinq minutes. Un scénario sans débriefing ressemble davantage à du théâtre qu'à de la formation.

Ce que ce montage ne remplace pas

Un téléphone, une tablette et une salle libre ne remplacent pas le retour d'un massage cardiaque, les voies aériennes d'un mannequin ou les pièces mécaniques d'un simulateur d'accouchement. Ce type de montage sert une seule chose : reconnaître les changements de constantes et y répondre, la partie de la formation qu'un écran peut réellement bien enseigner. Pour les compétences psychomotrices, il faut toujours le matériel physique. Mais pour la moitié « reconnaissance » du programme, celle qui reçoit d'habitude le moins de pratique parce que le laboratoire de simulation est toujours réservé, un téléphone, une tablette et un quart d'heure libre vont loin.

Questions fréquentes

Combien de temps dure un scénario in situ ?

Comptez quinze à vingt minutes, débriefing compris. Préparer les appareils prend moins d'une minute : ouvrez le lien sur les deux et saisissez sur la télécommande le code affiché par le moniteur.

Faut-il du Wi-Fi dans la salle ?

Les deux appareils ont besoin d'internet, mais n'importe quel réseau ou les données mobiles suffisent. Ils n'ont pas besoin d'être sur le même réseau.

Le formateur peut-il piloter le scénario depuis une autre pièce ?

Oui. Les appareils se connectent par internet, la télécommande fonctionne donc de n'importe où, tant que le formateur peut suivre ce qui se passe au lit du patient.

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